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Quad neuf dans le désert ?
Texte : Marie-France PARRA
pour VOICI. Voici n°787 - 15 Decembre 2002
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Sur ces drôles de montures, mimotos, mi
tracteurs, offrez-vous un raid comme un pro du Paris-Dakar.
Une équipée sauvage, version saharienne, avec dunes de sable
et grain de folie garantis!
Le rendez-vous des aventuriers a lieu à El
Fouar, à 120 km au sud de Tozeur. Des quads nous attendent
dans ce village oasis, dernier rempart avant les dunes de
sable brun. Nos «montures», alignées en file indienne, n'y
passent pas inaperçues. Des peaux de moutons ficelées devant
les guidons leur donnent un look « nomade moderne ».
C'est, paraît-il, un bon isolant pour garder
fraîches les glacières pleines d'eau et de victuailles
qu'elles entourent. Bonne nouvelle, sachant qu'il fait 37
°C!
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Deux jours de bivouac dans le désert,
ça ne s'improvise pas. On charge les bagages, et
Nordine, le grand chef de l'expédition, passe à la
séquence technique: «Moteur 350 cm3. accélération à la
gâchette, 5 vitesses en semi-automatique, embrayage
centrifugé... » Distribution de gants et de masques pour
tout le monde. |
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Seule incartade aux consignes de sécurité, le
chèche remplace le casque, et le pliage de cette bande de
tissus de trois mètres autour de la tête demande un sérieux
coup de main... Après quelques démarrages ratés, cap plein sud
pour un départ pétaradant vers le Grand Erg oriental. Ihmed,
alias « GPS » (guidage par satellite), ouvre le convoi. Non
seulement il connaît parfaitement chaque recoin de la piste,
mais son quad est le seul équipé du fameux système de guidage.
Eddy, dit «docteur mécano». la caisse à outils sur le
porte-bagages, ferme la caravane. Les plus prudents ont pris
la place du passager, les plus casse-cou, celle du pilote.
Deux heures plus tard, faute de dominer totalement l'engin, on
est déjà capable de faire la différence entre le reg et l'erg.
Le premier, un désert de cailloux, a une fâcheuse tendance à
vous faire rebondir sur la selle. Labes? (« Ça va? » ),
demande le pilote à chaque bosse. Le second, avec ses vastes
étendues de dunes, finit par être fatal à l'un des pilotes qui
plonge mollement, tête la première, dans le sable blanc. Il en
ressort le sourire ensablé jusqu'aux oreilles. La route est
rude, mais qu'est-ce qu'on rigole!
Une pause s'impose au site des quatorze
palmiers. Près du puits asséché, « docteur mécano », qui sait
ce qui est bon pour les pilotes, sort une boîte de dattes
Deglet Nour de Tozeur. Le summum en la matière, elles sont
reconnaissables à leur couleur dorée et transparente. Un
délice!

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«A partir de là, les dunes sont de
plus en plus hautes», précise le chef du convoi en
donnant le signal du départ. Les quads semblent onduler
sur cet océan de sable. Alors, qu'importe le bruit!
C'est un vrai régal de se faufiler sur des dunes vierges
de tout passage. Sans parler du crépuscule dans cette
immensité: magique! A raison de soixante kilomètres en
cinq heures, on rejoint le puits Djebil de nuit, pour
bivouaquer. En un temps record, un couscous royal est
servi dans de la belle vaisselle berbère. On le déguste
sur des tapis de laine, devant un feu. Pour une première
nuit en plein désert, c’est le top.
Au matin,
toilette et petit déj sont vite expédiés pour reprendre
la piste. Passé l’Oued Aïcha, le sable passe du jaune
pâle à l’orange. |
Au milieu de nulle part surgit un panneau
surréaliste : Café Bibène. Dans sa tente berbère, Mohamed
et son fils Sofian servent du thé et du café aux nomades
depuis vingt ans. Ce bistrot du désert annonce l’oasis de Ksar
Ghilane. Encore un effort et à nous sa source d’eau chaud et…
ses tentes climatisées avec salle de bain !