Texte :
Christine Durand pour Sante Fitness Magazine n°89
- Septembre 2004
Cap au sud
Les premiers kilomètres sont hésitants. II
faut, pour certains, vaincre les appréhensions. II faut
surtout apprivoiser la bête, apprendre à connaître ses
réactions selon la nature du terrain, à optimiser ses
performances, prendre ses marques tout simplement. II faut
aussi être attentif aux distances avec les autres quadeurs et
veiller à ne pas perdre la trace... En l'absence de
végétation, de dénivelée, d'habitations, il est presque
impossible pour les Occidentaux que nous sommes de nous
repérer dans cette immensité où chaque petit relief de sable
ne semble pas foncièrement différent du suivant
Ali, lui, a le désert dans le sang.
II semble cheminer sur des traces invisibles à nos yeux
qui le mènent invariablement au point de ralliement. Si
GPS il y a, il est dans ses gènes ! Impossible de se
perdre avec un authentique homme du désert tel que lui,
même si la prudence doit toujours rester de mise. Comme
en d'autres lieux où la nature est reine, l'humilité est
de rigueur.
Après une mise en route plutôt tranquille sur
des sentiers de sable et de pierre toujours plus arides, nous
arrivons sur le site de notre bivouac, pour notre premier
repas dans le désert. Un vent léger rafraîchit à peine l'air
chauffé par un soleil de plomb. La chaleur n'est pas
insupportable (autour de 37 °C) mais l'ombre de la tente de
fortune montée pour abriter nos agapes est fort agréable. Au
menu, le délicieux « pain du désert » cuit à l'étouffée dans
la braise, sous le sable, de savoureuses grillades de mouton
et des oranges incomparablement parfumées et juteuses.